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Les Baudrières, ou comment grimper grâce aux autres sans se marcher dessus.

Dans notre langage à nous, les cordelistes, un « connecteur » c’est un maillon, une manille ou autre mousqueton qui nous permet de lier un élément à un autre.
Mais — ou — et — donc — or — ni — car
La même chose.
Enfiler un baudrier, c’est multiplier les possibilités de connexion, d’accroche. C’est se glisser dans un écrin de confiance, dans une zone d’ancrage qui nous permet de lever le nez de nos propres appuis et d’en donner aux autres. De les assurer. Les rassurer. Les écouter sans craindre de perdre soi-même pieds. Comme on lie les mots, on lie les corps et on apprend à ne pas se couper la parole. On apprend que l’ascension est longue et qu’il va falloir se relayer. On apprend que quand la faim se fait sentir, il faut savoir se ménager, que le matériel ça s’abîme et qu’il faut parfois en changer, que si la confiance est de mise, écouter, c’est aussi savoir en douter, et que le sommet importe peu si tu ne sais plus redescendre parce que t’as pas pris soin de ta corde et qu’elle a cassé.. Dans Les Baudrières, on cherche à interroger nos manières de communiquer. Avec les autres, avec nous même, avec notre environnement. On cherche à savoir si on peut comprendre cette zone d’ombre qui crée le quiproquo, cette zone de rupture qui crée l’intolérance. Alors on navigue, on hisse nos cordes, on visite nos habitudes et on tente de les bousculer. On expérimente, tableau après tableau, paysage après paysage, la pluralité de nos moyens d’expression et la complexité de cet art qu’est la compréhension.
photo spectacle Baudrieres
© Paul Métais


L’Encordée, collectif de cirque vertical

photo spectacle Baudrieres
© Metlili
L’évidence. Vous connaissez cette sensation ? Tu parcours, tu découvres, tu fabriques pendant des années durant, tu parles un langage qui n’est plus qu’à toi, tu es fasciné par tout ce que tu as trouvé mais tu ne sais plus comment le partager. Et voilà que tu rencontres l’évidence. Des êtres qui ont arpenté un chemin drôlement similaire au tien. Iels s’expriment d’une manière que tu comprends, iels te fascinent. Ensemble, vous dialoguez, vous inventez, ça semble intarissable. Ça semble si simple. Si évident. Alors tu t’accroches, tu tiens, tu fais un bon nœud et tu tiens. Tu t’encordes à ces êtres qui te fon tenir. Et tu chemines avec elleux. L’Encordée, c’est ce genre d’évidence. Née de la rencontre de trois cordelistes, Justine Delolme, Lucie Muller et Thaïs Barathieu, ce collectif est avant tout une véritable collaboration humaine. Avec pour ligne artistique un agrès unique, la corde lisse. L’Encordée propose une approche à la fois sensible et sauvage d’un art de la scène et du mouvement qui évolue au fil des explorations de ses artistes. Souvent vertical, parfois radical et toujours un peu bancal, le cirque encordé se veut généreux, interrogateur et proche de ses spectateurs.

Site du collectif L'encordée