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Le Sâbir quintet est un ensemble à l' instrumentarium mixte à la fois d'orient et d'occident, réuni autour des compositions du oudiste, et multi instrumentiste Raphaël Benyoucef. Le sâbir etait un « language composite, utilisé par les marins dans les ports de la méditerranée, mêlé d'arabe, de grec, de turc, d'italien, d'espagnol et de français».
Ce terme incarne parfaitement l'essence du Sâbir Quintet : un pont entre les rives de la méditerranée.
Dans ces compositions résolument contemporaines, les rythmes hérités du monde méditerranéen s'enroulent aux arabesques des makams, dessinant à travers le oud et le kanun une mémoire en mouvement. Mais le Sâbir quintet c'est aussi une écriture plus occidentale, avec la clarinette et le violoncelle, dont les timbres boisées puisent avec finesse dans la musique classique mais également dans l'énergie du jazz, avec son cri de liberté, créant ainsi un dialogue fraternel qui transcende les frontières et les époques.
Entre écrin de douceur et énergie qui invoque la transe, chaque morceau, tel les contes des 1001 nuits, se conçoit comme autant de petites histoires, gorgées de sel et de lumières vives, s'imbriquant dans une histoire plus grande celle de la quête de soi et d'un ailleurs où l'autre devient une part de nous-mêmes.

Processus de création
"Miles Davis disait : « Je compose les morceaux, et ce sont les musiciens avec qui je joue qui les finissent. » Dans ce projet, en accord avec les musicien·ne·s, mes compositions constituent la base : j’apporte la matière, le squelette, les thèmes, mais laisse un champ libre à l’exploration collective pour habiller et arranger la musique ensemble. Grâce à l’expérience et à la sensibilité des musicien·ne·s, nous testons, tâtonnons, et recommençons jusqu’à ce que chacun·e s’approprie le morceau, y apporte sa touche, son timbre, sa finition. La recherche et la création des arrangements reposent sur plusieurs axes : trouver l’équilibre des timbres, tracer un chemin entre unisson, liberté ornementale et harmonisation, instaurer une rotation des rôles rythmiques et mélodiques pour donner la parole à chacun·e, et construire l’évolution des dynamiques en lien avec le sens du morceau. Je laisse une large place à l’improvisation, pour préserver la vitalité du live et permettre à chacun·e d’exprimer pleinement sa personnalité musicale dans le cadre de mes compositions."

Distribution
Raphaël Benyoucef : oud, bouzouki, composition
Pierre Lassailly : clarinette, clarinette basse, arrangement
Christophe Montet : Tombak, Daf, Riqq, arrangement
Sözdel Garcias : kanun, arrangement
Marie Tournemouly : violoncelle, arrangement

Pour suivre Raphaël Benyoucef : instagram et le compte facebook du quintet

photo Sabir
© Anne Trierweiler
Raphaël Benyoucef
Né en 1983 à Charleville-Mézières, Raphaël Benyoucef découvre très tôt le goût du voyage et des musiques du monde. Après des études de guitare jazz, il quitte le parcours académique pour parcourir l’Inde, l’Andalousie, la Grèce et la Turquie, à la recherche de nouvelles traditions musicales.
L’oud s’impose alors comme un pont naturel entre ses origines kabyles et napolitaines et l’univers méditerranéen qui l’inspire. Formé auprès du maître palestinien Adel Salameh puis du oudiste égyptien Ihab Radwan au Conservatoire de Montpellier, il approfondit sa connaissance des musiques modales orientales.
Multi-instrumentiste (oud, bouzouki, guitare fretless, flûte traversière, rubab afghan…), il développe un langage personnel nourri de multiples influences. Compositeur et interprète, il participe à plusieurs projets de création et de transmission, tout en défendant une vision ouverte de la musique, conçue comme un espace de rencontre entre les cultures.

Pierre Lassailly
Né à Arles en 1977, Pierre Lassailly étudie la clarinette auprès de Jean Lamur avant de poursuivre sa formation au Conservatoire National de Région de Strasbourg dans la classe d’Armand Angster, où il obtient plusieurs distinctions en clarinette, clarinette basse, musique de chambre et improvisation.
Musicien curieux et éclectique, il nourrit sa pratique auprès d’improvisateurs et de créateurs tels que Joëlle Léandre, Michel Doneda ou Jean-Léon Pallandre. Son parcours l’amène à explorer des univers variés, de la musique contemporaine à l’improvisation libre, en passant par les traditions méditerranéennes et orientales.
Interprète dans plusieurs créations de Georges Aperghis, il se produit sur de grandes scènes européennes. Membre de formations telles qu’Electrik GEM, Zein, Hartani, Sérendipia ou Fatum Fatras, il développe une approche ouverte du son et du dialogue entre les cultures. Son travail s’étend également à la danse, au théâtre musical et à la création improvisée.

Christophe Montet évolue dans les musiques du Proche et Moyen Orient depuis plus
de 20 ans. Son parcours est balisé de rencontres avec des percussionnistes tels que Bijan chemirani, Wassim Hallal, Zohar Fresco auprès desquels il se forme et se passionne pour l’accompagnement de la poésie chantée et l'ornementation rythmique sur les percussions digitales de tradition persane. Développant un jeu de timbres riches et sensibles, il accompagne et compose au sein de groupes tels que le Chauffeur est dans le pré, Imidiwen, Grand ensemble Filos, Şeyda, Dervisaki et Yenalaba.

Sözdel Garcias
Née à Damas au sein d’une famille de musiciens issus de la diaspora kurde, Sözdel Garcias découvre très tôt la richesse des traditions musicales arabes et kurdes grâce à l’influence de son père, oudiste et violoniste. À l’âge de six ans, elle débute l’apprentissage du qanoun à l’Institut du Monde Arabe de Damas auprès de la musicienne azérie Elmira Akhundova.
Très jeune, elle se produit sur la scène de l’Opéra de Damas, participe à de nombreux concours et accompagne sa famille lors d’émissions de télévision et de grands événements culturels. À 18 ans, elle devient professeure de qanoun au sein du même institut, où elle enseignera pendant sept ans.
Après des études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Damas, interrompues par la guerre en Syrie, elle poursuit son parcours en Europe. Héritière d’une riche tradition musicale, Sözdel Garcias développe aujourd’hui un univers où se rencontrent les répertoires kurdes, arabes et les influences contemporaines.

Marie Tournemouly découvre le violoncelle à l’âge de sept ans près de Bordeaux et se passionne très tôt pour la pratique collective et l’orchestre. Formée dans les conservatoires de Bordeaux, Montpellier et Paris, elle obtient un Diplôme d’État de professeur de violoncelle, une licence de musicologie ainsi qu’un diplôme national supérieur de musicien professionnel au Pôle d’enseignement supérieur de Dijon.
Soucieuse d’enrichir sa pratique artistique, elle se forme également au théâtre avec la compagnie du Vélo Volé, puis au jazz au Centre des Musiques Didier Lockwood, une rencontre déterminante dans son parcours. Elle explore aussi l’art du clown auprès d’Hervé Langlois.
Musicienne éclectique, Marie évolue entre musique classique, théâtre musical, chanson française, jazz et musiques du monde. Elle se produit notamment avec le Trio Hélia, le Fiddle Jazz Combo et participe à des créations mêlant théâtre et musique orientale, développant un univers artistique guidé par la curiosité, la rencontre et le partage.